3 livres qui ont changé ma vie


Non classé / jeudi, juillet 26th, 2018
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Pour ce deuxième article de ma première semaine de défi (si vous ne savez pas de quoi je parle, cliquez ici), je réponds à l’invitation d’Olivier Roland à écrire sur “3 livres qui ont changé votre vie”. (Détails de l’événement interblogueurs d’Olivier Roland)

Et pourquoi je vous prie?

Parce qu’Olivier Roland est mon formateur. C’est grâce à lui que je suis en train de monter ce blog (voir https://blogueur-pro.net/). Alors forcément, ça me donne envie de répondre à son invitation. Et pour être honnête, je me sentirais honorée d’être publiée sur son blog. Surtout à ce stade-là du mien!

Marshall B. Rosenberg

Comme Olivier est un pro de la chronique de livres, je vous invite à lire celle qu’il a publiée sur Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), de Marshall B. Rosenberg. Livre que j’utilise en ce moment pour mon défi “3 mois pour ancrer la Communication Non Violente” (mes deux défis).

Vous en trouverez la chronique icila-communication-non-violente. Elle est vraiment très complète.

Qu’est-ce que des livres qui changent la vie?

C’est la première question que je me suis posée en réfléchissant à cet article. Et j’ai décidé de suivre deux critères principaux:

  • La lecture de ces livres a été comme une révélation pour moi,
  • elle m’a incitée à prendre un nouveau chemin.

Un troisième critère est venu s’ajouter ensuite: il fallait que ces livres soient susceptibles de vous intéresser, donc qu’ils aient un rapport avec le contenu présent et/ou futur de ce blog.

Je suis plutôt une dévoreuse de livres à la base, bien que le rythme ait sérieusement ralenti depuis que je suis maman de trois petits monstres pleins d’énergie. 😉 Alors le choix n’a pas été simple.

tas de livres à dévorer

Quelques excellents candidats malheureux

Beaucoup de livres m’ont touchée au plus profond. Les recueils de poésie de ma mère, Isabelle Poncet-Rimaud. Ou bien ce magnifique livre de Fynn, un auteur irlandais, que j’ai lu quand j’étais jeune fille au pair à Dublin: Mister God, This is Anna.

Et puis je pourrais encore citer Le Prophète, de Khalil Gibran; ou L’arracheuse de dents, de Franz-Olivier Giesbert. Isabelle Saporta et l’ensemble de ses livres sur l’état de l’agriculture en France. Pour une enfance heureuse, du Dr Catherine Guéguen. Le livre sur la permaculture de Perrine et Charles Hervé-Gruyer. Tous les livres de Pierre Rabhi… Etc.

Tous ces livres sont de très bons candidats car ils ont tous été porteurs pour moi. Mais aucun d’entre eux ne répond à l’ensemble de mes trois critères.

 

Les trois élus

médailles
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Le développement. Histoire d’une croyance occidentale. Gilbert Rist

Gilbert Rist

Pourquoi ce livre?

C’est vrai ça, pourquoi un livre de sciences politiques? Quel est le rapport avec un blog pour les couples et familles mixtes?

Eh bien c’est qu’il traite d’un phénomène qui a transformé les relations humaines à travers le monde. Un phénomène qui a provoqué le meilleur comme le pire, en Occident comme en Orient. J’ai nommé: la croyance dans le développement.

Et moi qui aime prendre du recul sur les choses, j’apprécie beaucoup ce livre qui met en perspective l’histoire occidentale comme rarement.

Quelques mots sur l’auteur

Gilbert Rist est un chercheur suisse, professeur à l’Institut universitaire d’études du développement (IUED) de Genève.

Il travaille à une anthropologie de la modernité qui fait apparaître la société occidentale comme aussi traditionnelle et exotique que les autres” (quatrième de couverture, ouvrage cité).

Cet essai, qui compte 4 éditions, l’a fait connaître internationalement. Il a été traduit en italien et en espagnol.

Un bref résumé

Depuis la fin des années 1940, on parle du “développement” comme d’un Graal dont la recherche serait mondiale. Un “développement” qui permettrait à tous les peuples de vivre sans pauvreté et sans faim. Des moyens colossaux ont été mis en œuvre pour atteindre cet objectif, sans jamais y parvenir de manière satisfaisante. Et sans jamais qu’on le remette en cause.

Dans son ouvrage, Gilbert Rist revient en arrière pour nous aider à identifier  les racines culturelles occidentales de cette notion. Il en démontre à la fois la puissance et les faiblesses. Et surtout, il en distingue le cœur: la poursuite de la croissance. Avant d’analyser cette dernière comme un mythe occidental.

En quoi ce livre a changé ma vie?

D’abord, il a porté un nouvel éclairage sur un thème qui me passionne, les relations “Nord-Sud”. Il aide à comprendre au lieu de juger, et ça fait du bien.

Ensuite, ce livre est arrivé dans mon existence à un moment-clé: la fin de mes études. Grâce à lui, j’ai décidé que je ne chercherais pas un travail d’expatriée en ONG, mais que je travaillerais au changement depuis mon pays natal (bon, la vie s’est chargée de changer mes plans, mais c’est une autre histoire 😉 ). Je peux dire que c’est le premier livre qui m’ait convaincue qu’il faut toujours commencer par soi-même.

Prendre soin de la terre
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C’est pour ton bien. Alice Miller

Pourquoi ce livre?

En tant que parents, nous nous sommes tous observés, à un moment ou à un autre, en train de reproduire avec nos enfants des phrases ou des attitudes que nos parents avaient eues avec nous. Et parfois (souvent?), nous le faisons alors même que nous en avons souffert.

C’est quelque chose qui me gêne beaucoup. Donc, j’ai voulu comprendre le phénomène. Alors, j’ai fait comme Hermione Granger, j’ai cherché un LIVRE. Et c’est celui-ci que j’ai trouvé.

Alice Miller

Ce livre est un électrochoc. Âmes sensibles, ne pas s’abstenir, mais se préparer. Je crois que j’ai rarement autant pleuré devant du papier…

Quelques mots sur l’auteure (1923-2010)

Alice Miller est une Juive polonaise réfugiée en Suisse, dont elle acquiert la nationalité. Philosophe, psychanalyste et sociologue, elle est en rupture totale avec l’approche freudienne.

Elle se focalise sur l’éducation reçue pendant la petite enfance de ses patients pour y trouver les racines de leurs traumatismes.

Son œuvre est fondamentale dans le courant de la parentalité bienveillante, car elle démontre en quoi la parentalité “traditionnelle” est à l’origine des violences dans notre société. Rien de moins! Vous imaginez bien qu’elle est très controversée.

Un bref résumé

Cet ouvrage s’attache à analyser, à travers plusieurs études de cas, les conséquences de la maltraitance physique et/ou verbale subie dès la plus tendre enfance.

L’auteure nous explique quels gestes éducatifs répandus appartiennent en réalité à la maltraitance. Elle démontre comment ces gestes amènent certaines personnes à devenir :

  • des adultes maltraitants,
  • des meurtriers,
  • des personnes auto-destructives,
  • ou carrément des monstres.

Elle va très loin puisqu’elle démontre comment l’enfance d’Hitler l’a amené à devenir ce qu’il a été, et pourquoi le peuple allemand de l’époque l’a suivi.

On apprend également pourquoi certains êtres subissent cette transformation négative, et pourquoi d’autres ayant vécu la même chose n’ont pas la même évolution dramatique.

La révélation

Alice Miller publie dans cet ouvrage des extraits de manuels d’éducation des 18ème et 19ème siècles. Ce sont eux qui ont été pour moi une révélation.

Car ils m’ont permis de voir les dessous de cette fameuse “éducation judéo-chrétienne” dont mes amis, ma famille, ou les médias, m’ont longuement rebattu les oreilles. Cette éducation que l’on accuse souvent de tous les maux.

Jusque-là, je ne voyais pas vraiment de quoi on me parlait. Ce n’était pas assez précis. Cela ressemblait trop à une excuse, ou à une mode. On ne me montrait pas les fondements de ces accusations.

Mais là, j’ai vu. Et voici ce que j’ai vu: dans cette conception de l’humain, l’enfant naît mauvais. C’est donc le devoir de l’adulte de lui arracher la part du Mal qu’il a en lui. Tous les moyens, même les plus cruels, sont permis.

Vraiment. Les plus cruels. Lisez-le, vous verrez. C’est à tordre l’âme.

En quoi ce livre a changé ma vie?

Cette conception des choses datant de plusieurs siècles, j’aurais pu m’asseoir dessus. Mais en m’observant moi et les gens autour, dans la chaleur des foyers ou à l’école, j’ai vu des traces de ce postulat.

Combien de fois n’ai-je pas crié après mes enfants, poussée à bout par ce que mon inconscient étiquette comme de la “provocation”, ou “de l’impertinence”? Combien de gens ne croient-ils pas que l’éducateur doit corriger l’enfant, quitte à le frapper? Combien de fois ne m’a-t-on pas dit qu’il fallait que je domine mes enfants, que je ne me laisse pas “marcher dessus”? Combien ont recours à l’humiliation pour “dresser” l’enfant? Ne m’a-t-on pas dit, au 21ème siècle, que certains enfants naissaient mauvais?

J’aurais pu être d’accord avec tout ça. J’aurais pu continuer à crier, ou à donner des claques, en pensant que j’éduquais, que je faisais ma part d’adulte pour le bien de mon enfant.

Mais ce livre m’en a empêchée.

Il a été le départ de mes recherches sur la parentalité bienveillante. Et je lui en suis infiniment reconnaissante.

Les lois naturelles de l’enfant. Céline Alvarez

Pourquoi ce livre

Vous savez déjà que je suis maman, mais vous ne savez pas encore que je suis prof. Alors, quand ce livre est sorti en France en 2016, ma mère me l’a offert, pensant que ça m’intéresserait. Bien vu 😉 En fait, il m’a passionnée.

Céline Alvarez Les lois naturelles de l'enfant

Quelques mots sur l’auteure

Née en 1983 à Argenteuil, Céline Alvarez est linguiste de formation. Rien ne la destinait à se mêler de l’Education Nationale. Jusqu’au jour où au détour d’une lecture, elle a découvert que “plus de 40% de nos enfants sortent du primaire avec des lacunes qui les empêcheront de poursuivre une scolarité normale”.

Comme moi avec l’éducation du 19ème siècle, Céline Alvarez aurait pu laisser cette information de côté. Mais elle en a été outrée. Elle a décidé d’agir.

Pour cela, elle s’est formée à la pédagogie Montessori. Elle s’est plongée dans les neurosciences affectives et sociales. Et elle a passé et réussi le concours de professeurs des écoles.

Puis, sans peur et sans reproche, elle a proposé au Ministère de l’Education Nationale de faire une expérience en maternelle dans une ZEP en “plan violence” de Gennevilliers. Et ça a été accepté.

Un bref résumé

Dans son ouvrage, Céline Alvarez donne un aperçu très concret et précis de ce qu’elle a mis en place dans sa classe et des résultats (extraordinaires) qu’elle a obtenus.

Elle décrit les lois naturelles de l’enfant sur lesquelles elle base tout son enseignement. Il s’agit en réalité des principes de fonctionnement du cerveau de l’enfant découverts par les neurosciences.

A partir de ces grandes lois scientifiques, C. Alvarez propose une conception et une organisation de la classe adaptée. Surtout, elle propose une posture de l’enseignant très exigeante envers soi et sans laquelle le tout ne fonctionne pas.

En présentant son expérience, elle démontre  que cette combinaison est incroyablement efficace.

La révélation

Ce livre m’a passionnée car il va dans la même direction que ceux d’Isabelle Fiollizat mais dans le cadre de l’école. Il propose une manière concrète de favoriser l’apprentissage des élèves dans un contexte bienveillant.

A mes yeux, cela a l’immense avantage de dépasser le clivage souvent douloureux dans les écoles entre l’excellence et la bienveillance. Bonne nouvelle: les deux sont parfaitement compatibles.

A certaines conditions, qui sont exposées dans ce livre.

En quoi ce livre a changé ma vie?

En tant que prof d’anglais, je suivais le modèle anglo-saxon de cours centrés sur l’apprenant. J’essayais de rendre mes cours ludiques, de partir des intérêts des élèves, d’utiliser la pédagogie de projet… Mais je n’étais pas entièrement satisfaite.

Il faut savoir que  j’enseignais dans 7 niveaux différents. Je n’avais donc pas tellement l’occasion de mettre en place une relation suivie avec mes élèves. Le courant passait globalement bien et mon intérêt envers eux était réel. Mais j’avais envie de suivre mes élèves de plus près, pour les voir évoluer en tant que personnes.

Et Céline Alvarez dans tout ça?

Eh bien, avec une collègue de primaire intéressée elle aussi, nous avons monté un projet qui a été accepté (merci à la commission de recrutement 🙂 ). Je suis donc devenue professeure de maternelle, sur le modèle proposé par l’auteure.

Ce livre m’a donc poussée à bifurquer. Et il me pousse à toujours améliorer ma posture d’enseignante.

 

Pour conclure

Voilà, vous en savez plus sur ce qui me fait avancer. J’espère que ces résumés vous donneront envie d’aller voir ces livres de plus près.

Et vous, quels livres vous ont inspiré une prise de conscience ou un changement? Parlez-en dans les commentaires!


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6 réponses à « 3 livres qui ont changé ma vie »

    1. Bonjour Y-Lan, et merci pour ton commentaire! Cela fait toujours plaisir de partager de bonnes lectures!
      Je suis allée voir ton blog, très chouette! Et ton choix d’un livre sur le chant jazz m’intéresse car j’ai depuis longtemps envie de m’y essayer 🙂

      Belle journée à toi!

  1. Merci pour ce partage. Ca donne des idées de lectures qui peuvent nourrir nos actions, réflexions et guider notre quotidien. Je viens de commencer à m’attaquer à une bibliographie sur la CNV, je vais donc lire ton article et celui de ton formateur.

    1. Bonjour Prisca, ça fait plaisir de te lire là!
      Je serais ravie d’avoir tes impressions sur la CNV au fur et à mesure de tes recherches 🙂 C’est un long chemin plein de remises en cause salutaires !!

  2. Mis à part les livres “hors catégorie” que tu mentionnes en début d’article et dont je suis moi-même très friande, les 2 dernières propositions de livres m’ont littéralement attirée comme du miel une abeille !
    Un grand merci pour ces partages d’informations, toutes plus intéressantes les unes que les autres.
    Bonne installation à “Accordons nos différences” et bravo pour le défi des 3 articles.

    1. Merci AlYa! Je suis heureuse de te donner envie de les lire, ils sont vraiment passionnants 🙂 Pour lire Alice Miller, mieux vaut choisir un moment où tout va bien, car cet ouvrage remue beaucoup, surtout lorsque l’on est très sensible 😉

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