5 bonnes raisons d’honorer sa belle-famille


La mixité en couple, La mixité en société / mercredi, août 22nd, 2018
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Ah, la belle-famille… Que ne lui reproche-t-on pas? Les stéréotypes vont bon train dès que l’on prononce le mot “belle-mère”… Nous avons souvent peur d’une compétition entre belle-mère et belle-fille, ou beau-père et beau-fils; ou entre grands-parents; ou encore entre grands-parents et parents. Et cette crainte empoisonne les relations, même lorsqu’elle n’est pas justifiée.

Chez les couples mixtes, la belle-famille est parfois terriblement destructrice, quand elle n’arrive pas à accepter la différence de la “pièce rapportée”. Mais pas uniquement. Certaines sont extrêmement accueillantes et d’autres tout simplement perdues devant ce beau-fils ou cette belle-fille d’un genre nouveau. Que l’on soit à tu et à toi avec elle ou au contraire au bord de l’explosion, voici 5 bonnes raisons d’honorer notre belle-famille.

belle famille interculturelle

1. Sans elle, pas de conjoint!

Eh oui, même si vous ne pouvez pas voir vos beaux-parents en peinture, sans eux, vous n’auriez pas pu rencontrer votre moitié! Et même lorsque l’histoire familiale est cruelle ou douloureuse, il n’en reste pas moins que sans la rencontre entre ces deux êtres, vous ne pourriez pas être avec votre amoureux(se).

Pas besoin d’apprécier les beaux-parents pour leur reconnaître ce rôle essentiel dans votre vie.

2. Elle vous aide à grandir.

Pas plus que la vôtre, vous n’avez choisi votre belle-famille. Mais l’avantage, c’est que vous n’y êtes pas attaché comme à la vôtre. Vous pouvez donc plus facilement porter un oeil critique sur elle, faire le tri entre les habitudes, valeurs, traditions que vous aimez et celles qui vous déplaisent. 

Observer votre belle-famille et ce qu’elle provoque en vous, vous permet par ricochet d’identifier les valeurs importantes pour vous. Si telle ou telle approche vous choque, à quoi tenez-vous à la place? Ou au contraire, quelles sont les pratiques/visions de la vie que votre belle-famille véhicule et qui vous plaisent beaucoup? Que voulez-vous vivre au sein de votre couple ou de votre famille?

Il est difficile de prendre du recul sur sa propre famille, mais beaucoup moins sur sa belle-famille. L’observer permet donc d’amorcer une introspection sur ce à quoi l’on tient vraiment dans ce qui nous a été transmis, ce dont veut se passer et ce que l’on veut inventer et transmettre à notre tour.

jeune famille
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Parfois, au détour d’une conversation, une réflexion qu’a votre conjoint sur votre famille peut vous permettre de vous défaire de vieilles peaux que vous n’arriviez pas à identifier seul. Mais attention! Bien trop souvent, nous avons tendance à parler mal de notre belle-famille à notre conjoint, ce qui est source de conflit et d’amertume des deux côtés.

Pour aller plus loin (et je vous parle d’expérience), si l’on prend garde à ce qui nous énerve le plus chez le beau-père ou la belle-mère, on se rend compte qu’en fait, ce sont des défauts que l’on se reproche à soi-même. Et s’ils nous énervent tant, c’est que nous ne les avons pas encore acceptés en nous (c’est aussi valable avec notre conjoint, pas seulement ses parents 😉 ).

3. Elle vous aide à comprendre votre conjoint.

Cela vous est-il déjà arrivé de ne pas comprendre certaines réactions de votre conjoint? Jusqu’au jour où, en visite chez la belle-famille, vous avez vu votre belle-mère ou votre beau-père réagir pareil? Bon sang, mais c’est bien sûr!! La fois suivante, en comprenant mieux l’origine de cette réaction, peut-être arriverez-vous à mieux l’accueillir: ne plus la prendre “contre vous”, ne plus vous en offenser.

Crédit photo: Thomas Leuthard, flickr.com 

Dans un couple mixte, il est particulièrement important de connaître sa belle-famille.  En côtoyant la belle-famille, on a une meilleure compréhension des origines culturelles, sociales, religieuses et/ou géographiques de celui ou celle dont on veut partager la vie. Ainsi, on est mieux armé pour faire face à la différence au sein du couple. On découvre indirectement ce que l’on n’a pas vécu, nous qui sommes issus d’un autre contexte.

De plus, en partageant du temps avec sa belle-famille, on sait à quoi s’attendre au niveau de la possible pression familiale que notre amoureux va avoir à supporter à cause de nous. Parfois, il n’y en a pas. Parfois, elle est telle qu’elle finit par séparer. En tout cas, la connaître nous permet d’être clair au sein du couple.

4. Elle donne des racines à vos enfants.

Avec la religion, l’éducation des enfants est souvent le point le plus délicat dans un couple mixte (d’ailleurs, les deux se rejoignent). Parfois, cela s’exacerbe lorsque les grands-parents deviennent envahissants dès la première naissance.

Il peut être très douloureux pour les jeunes parents d’avoir la génération du dessus sans arrêt à se mêler de ce qu’ils font avec leurs enfants. On peut ainsi se sentir infantilisé au moment où l’on accède au statut de parents, moment délicat et empreint de fragilité s’il en est. De grandes disputes peuvent naître à la suite de cette expérience.

D’autres grands-parents ne respectent pas du tout les préceptes éducatifs des parents. Sous prétexte qu’ils sont “maîtres chez eux” ou que le rôle des grands-parents est de “gâter” les enfants, ils peuvent même faire exactement tout ce que les parents cherchent à éviter, s’accordant ainsi le beau rôle et frustrant grandement les parents.

Certains sont extrêmement respectueux des demandes des parents, tout en tenant un rôle plus souple de grands-parents. Quand d’autres brillent par leur absence.

Dans tous les cas, même lorsque vous sentez une compétition affective entre vous et les grands-parents, ils sont un maillon de la chaîne qui a conduit à la naissance de vos enfants. Ils font partie d’eux, ne serait-ce que génétiquement. Ils font partie de leurs racines. 

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Quelques pistes de réflexion

Personnellement, il y a de nombreux sujets sur lesquels je ne suis pas du tout d’accord avec mes beaux-parent en matière d’éducation (ah, la télé!!!). Mais on m’a aidée à prendre un recul bienvenu!! Voici les questions que je me suis posées pour y arriver:

  • Quand leur attitude me fait sortir de mes gonds, je me demande pourquoi? Est-ce une conception culturelle différente du rôle des parents, de grands-parents ou de l’enfance? N’y a-t-il pas quelque chose à apprendre de cette différence?
  • Y a-t-il compétition entre nous? Ou bien est-ce que j’imagine cette compétition parce que je me sens fragile dans mon rôle de maman?
  • Ce que je leur reproche fait-il vraiment du mal à mes enfants, ou bien est-ce pour eux une parenthèse identifiée comme telle?
  • Là où j’entends un reproche dans une remarque sur ma façon de faire, est-ce que je ne peux pas trouver plutôt un indice des présupposés de l’autre? Reconnaître que cela parle de lui plus que de moi.
  • Est-ce qu’il n’est pas possible de négocier, en réduisant à quelques-uns les points essentiels pour lesquels on demande un respect absolu?
  • Si vraiment la communication est très mauvaise, est-ce que je peux laisser le soin à mon conjoint de se charger des messages?

Tout cela est plus facile à dire qu’à faire, nous sommes d’accord! Il n’est pas facile de parler d’éducation avec la belle-famille, et la négociation n’est pas toujours possible. Cependant, il est bon de se rappeler que les enfants ne confondent pas les rôles et savent très bien ce qu’ils peuvent faire avec les uns et les autres. Ils peuvent en jouer, ce qui est très agaçant. Mais alors, posons-nous la question du besoin inassouvi qu’ils expriment ainsi.

En règle générale, quand il y a surréaction, il y a quelque chose qui demande à être accueilli en soi. Alors osons regarder en nous. Accueillons. Lâchons prise. Sauf cas extrêmes, nos enfants ne sont pas en danger parce qu’ils vont chez leur grands-parents. Par contre, en y allant, ils apprennent à connaître chacune des cultures qui les constituent et c’est très important pour la construction de leur identité multiple.

5. Elle vous rend service.

Les grands-parents sont parfois envahissants, ils gâtent trop, ils n’écoutent pas et n’en font qu’à leur tête, sans respecter les principes d’éducation que l’on voudrait pour nos chères têtes (pas si) blondes…

Mais de nombreux grands-parents (la majorité?) répondent présent lorsqu’il s’agit de dépanner pour les vacances, un imprévu, un séjour à l’hôpital… ou simplement pour nous permettre de partir en amoureux un week-end.

Et ça, ceux qui n’en bénéficient pas vous le diront: c’est infiniment PRÉCIEUX!

En conclusion

Nous avons tous des moments où notre belle-famille nous pèse, surtout lorsque l’on devient parents. Il est bon alors de se rappeler que nous avons des choses pour lesquelles l’honorer.

Qu’est-ce que cela signifie? Simplement reconnaître au fond de soi ce qui ne serait pas possible sans eux, et les en remercier. Pas besoin de le leur dire, c’est une affaire interne, à faire pour soi-même, son couple et ses enfants. Si, dans un deuxième temps on en ressent l’envie, on peut exprimer cette reconnaissance aux intéressés.

Essayons de nous rappeler que nos enfants apprennent essentiellement grâce à leurs neurones-miroir. C’est en nous voyant faire la paix avec ce qui nous dérange chez l’autre qu’ils pourront faire de même. L’enjeu est de taille. Car nous risquons sinon de leur demander de choisir entre deux pans de leur identité…

N’hésitez pas à poser des questions dans les commentaires ci-dessous!

Et dites-moi si un article sur le choc interculturel avec la belle-famille vous intéresserait (la suite à mes vidéos bonus en somme).


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