Communication non violente: nos besoins – Bilan 1


Communication Non Violente, Défis / lundi, juillet 30th, 2018
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Comme promis, voici le premier bilan d’étape hebdomadaire de mon défi “3 mois pour ancrer la Communication Non Violente” dans mon couple, ma famille, ma vie.

Et je peux vous dire que je suis heureuse d’avoir prévu 3 mois !!! 😉

calendrier
Designed by Visnezh / Freepik

Quelles avancées cette semaine?

Eh bien, peu de choses en apparence… mais j’ai quand même progressé!

Reprendre les bases

Ma première mesure a été de reprendre les principales étapes de la CNV:

  1. Observation: j’observe la situation extérieure qui me dérange pour identifier les éléments déclencheurs d’inconfort pour moi.
  2. Sentiments: j’observe en moi les sentiments (derrière l’éventuelle réaction émotionnelle) que la scène éveille.
  3. Besoins: j’identifie les besoins qui se cachent derrière les sentiments.
  4. Demande: je formule à l’autre une demande qui pourrait satisfaire mes besoins.

Par exemple, une scène avec mon fils aîné pourrait donner cela:

“Quand je vois que tu ne me réponds pas (observation), je me sens triste (sentiment) car j’ai besoin de me sentir écoutée (besoin). Pourrais-tu me donner une réponse orale, même un oui ou un non? (demande)”

Bon, je vous rassure, je ne suis absolument pas arrivée à vivre la scène en question comme ça, pouf, en une semaine!!!

baguette magique
Designed by Gluiki / Freepik

 

Non, non, j’ai suivi mon habituel schéma d’exaspération suivi d’exigence et de frustration pour tous

Tout de même, quelque chose a bougé. Je vous en parle juste après, mais d’abord il faut que je vous explique ce que j’ai identifié comme un frein.

Ce qui dérange dans la démarche

Vous avez probablement eu la même réaction que moi en lisant mon exemple de CNV: ça ne semble pas du tout naturel!!! Et ça ne donne pas envie du coup, n’est-ce pas?

Et si ce n’était qu’une excuse?

Et si en fait, ce n’est pas ce qu’on dit qui dérange?

Ce que j’ai découvert cette semaine en m’observant, c’est que ce qui n’est pas du tout naturel dans la démarche de la CNV, c’est de se tourner vers soi, de parler de soi, de prendre soin de ses propres besoins.

On passe son temps à parler des autres et à parler sur les autres (autrement dit, à porter un jugement, qu’il soit positif ou négatif). On nage dans les présupposés, on s’y noie plutôt. On passe aussi beaucoup de temps et d’énergie à exiger des autres qu’ils répondent à nos besoins, sans même les leur exprimer bien sûr (c’est un des plus grands mensonges vendus avec la notion de couple d’ailleurs).

Et vous savez quoi? Cette semaine j’ai réalisé que je trouve cela infiniment triste! Et puis aussi, ça m’a énervée.

emotions
Designed by starline / Freepik

C’est vrai ça à la fin quoi tout de même! Vous savez lire dans la tête des autres vous? Parce que moi, non. Et pourtant, combien de fois ne suis-je pas rendue agressive par ce que j’imagine que l’autre pense de moi ou attend de moi?

Mais d’où ça vient ce réflexe?

Je dis que ça m’énerve, mais je ne devrais pas m’arrêter là. Je devrais regarder ce qu’il y a derrière la colère.

Personnellement, j’y vois de l’impuissance à répondre au besoin de l’autre, en même temps que le sentiment d’être dans l’obligation d’y répondre. Hum… Plutôt frustrant comme combinaison, non?

Bonne nouvelle! Ces deux sentiments sont des illusions!! Il n’est pas vrai que nous ayons à répondre aux besoins des autres, ni même que nous puissions le faire. Nous pouvons les aider à trouver comment y répondre, si nous connaissons un chemin, mais nous ne pouvons pas marcher pour eux.

un chemin vers nos besoins
Designed by photoangel / Freepik

Et les enfants alors?

Je vous entends déjà me dire que pour les enfants c’est différent, que nous les parents, nous avons l’obligation de répondre à leurs besoins, etc., etc.

Alors oui d’accord, mais en fait non.

Oui, nous avons l’obligation d’en prendre soin, de les nourrir physiquement et au niveau affectif, mais non, nous ne devons pas répondre à leurs besoins à leur place quand ils peuvent le faire par eux-mêmes.

Nous devons même nous surveiller pour ne pas résoudre à leur place. C’est essentiel! Car sinon, nous leur enseignons à ne pas lire en eux-mêmes leurs besoins et à ne pas chercher en eux la réponse. Donc, à dépendre des autres. Et quels autres? Ceux qui les aiment.

Ça vous rappelle quelqu’un? Celui qui attend de “sa moitié”, de ses parents, de ses enfants (ou même de ses collègues) qu’ils répondent à ses besoins inexprimés n’est-il pas dans la même situation qu’un enfant pour qui on a toujours tout résolu sans qu’il le demande?

Bien sûr, avec les enfants, c’est un processus progressif. Sinon, on tombe dans l’excès inverse, et l’indifférence est littéralement destructrice pour un enfant. Mais il faut bien veiller à lâcher du lest au fur et à mesure qu’ils grandissent et apprennent à résoudre par eux-mêmes.

Je ne dis pas que c’est facile, croyez-moi bien, j’apprends tous les jours à le faire avec les miens. Mais c’est un objectif à avoir.

Et d’où vient l’idée d’avoir à résoudre pour les autres alors?

Pour moi, il y a deux causes principales, mais ce n’est qu’un avis tout personnel.

La première, c’est que le parent qui élève son enfant en lui résolvant tout est en général en même temps un parent qui attend de son enfant qu’il comble ses videsCe n’est pas conscient, hein, on est d’accord.

Mais s’il croit devoir satisfaire aux besoins de ses enfants, c’est en général parce que c’est comme ça que ses parents ont fait avec lui. Cela implique :

  • qu’il ne connaît pas lui-même ses besoins et ses vides, puisqu’il n’a pas eu l’occasion de les explorer et de les résoudre tout seul petit.
  • qu’il pense dépendre des autres pour trouver une réponse à ses besoins.

L’autre raison que je vois est plus culturelle. Dans notre société judéo-chrétienne, la notion de sacrifice est bien vue et parfois même encouragée. Nous pensons donc que nous sommes bons quand nous mettons les besoins des autres avant les nôtres. Surtout quand on est une femme.

Sauf que ça n’a jamais rendu personne heureux ni indispensable de se couper en quatre pour les autres en se réduisant soi-même au minimum. Nous n’avons ni à nous imposer, ni à nous sacrifier.

La bonne nouvelle, c’est que personne n’est condamné à rester là-dedans s’il est désireux de changer et a le courage d’affronter l’inconfort que cela implique.

Ah si seulement!

Imaginez si nous avions tous à cœur de nous aimer nous-mêmes et de répondre à nos propres besoins, avec et sans l’aide des autres…

Nous n’aurions plus besoin d’exiger, nous pourrions partager avec joie. Nous saurions ce que nous avons à offrir, et nous pourrions recevoir sans crainte de perdre notre âme dans le processus.

J’en rêve!

Et j’y travaille. Avec la CNV notamment.

Accepter pour avancer

J’y travaille même tellement que je ne me respecte pas. Je suis trop exigeante. Je me juge de ne pas y arriver plus vite. L’inverse de la bienveillance que je recherche quoi!

Mais cette semaine, grâce à ce défi, j’ai vécu un vrai moment de bonheur. Parce que tout d’un coup, je suis partie dans un espace pratiquement inconnu de moi jusque-là: l’acceptation.

J’ignore comment c’est venu.

J’étais avec mes trois trésors. Nous étions en train de marcher dans le quartier. C’était une mission “exploration du voisinage” destinée à nous aérer un peu. Il faisait beau, avec juste ce qu’il faut de nuages pour nous protéger du soleil tropical. Le paysage était plein des magnifiques fleurs colorées d’ici. Les enfants étaient heureux et courraient partout. Ils ne s’occupaient pas de moi. Et là, je suis entrée dans une autre dimension.

J’ai tout à coup pris conscience de mon âge, de mon parcours, de ma situation actuelle. J’ai vu tout ce que j’avais fait ou vécu d’imprévu. J’ai vu tout ce que j’avais fait ou vécu et que j’avais jugé “incorrect, mauvais, impardonnable, indigne, imparfait”. Je l’ai vu, et j’ai senti dans ma chair que cela n’avait aucune importance. Que l’imperfection de tout ça était parfaite.

Alors pour la première fois de ma vie je crois, je me suis acceptée. En entier, telle quelle. Et j’ai accepté ceux que j’aime tout pareil.

Une brique a bougé.

mur de briques
Crédit CC : bpmm, sur flickr

 

Ce que j’ai décidé pour la semaine prochaine

Je sais que si je veux aller trop vite, je ne tiendrai pas la route. La CNV touche à des croyances trop bien ancrées pour pouvoir les faire sauter si facilement.

Alors j’ai pris un carnet (j’adore les carnets, c’est presque pathologique 😉 ) et je vais y noter ce que j’observe chaque fois que j’essaye de mettre en pratique les 4 étapes de la CNV.

Et aussi ce qui me fait le plus réagir, mes présupposés les plus importants.

Je vais aussi tenter de voir si le fait d’avoir conscience que je n’ai pas à répondre aux besoins des miens m’aide à moins leur prêter d’exigences non exprimées.

Tout un programme! Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour savoir ce qu’il en sera advenu dans les faits 🙂

 

N’oubliez pas de me laisser un commentaire, je serai heureuse de savoir ce que vous pensez de ces premières découvertes!


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2 réponses à « Communication non violente: nos besoins – Bilan 1 »

  1. Bonjour.

    Tu as raison, l’agressivité vient souvent de cette injonction de répondre aux besoins de l’autre quand on n’a pas la moindre idée de savoir comment y parvenir, en admettant qu’on ait été capable de les définir.
    Mais ce moment d’acceptation que tu racontes fait partie de ceux que l’on chérit et dont on espère qu’ils se reproduiront le plus souvent possible.
    A suivre…

    1. Bonjour Françoise,
      Oui, ce fut un beau moment. J’espère en connaître d’autres du même genre! Un peu de paix en soi, c’est vraiment bon 🙂

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