La vie est relation, prenons-en soin!


Réfléchir sur soi pour grandir ensemble / jeudi, février 21st, 2019
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Aujourd’hui, j’ai envie de souligner quelque chose d’essentiel à mes yeux, et que l’on oublie tous si facilement au quotidien. Pourtant, si nous étions plus conscients de cette réalité, bien des maux de ce monde n’auraient plus lieu d’être. Je veux parler du fait que TOUT dans ce monde est EN RELATION. 

Relation à soi

Voilà certainement la relation la plus importante et la plus négligée à la fois. Et oui, il s’agit bien d’une relation, car nous sommes composés de plusieurs éléments (mental, corporel, spirituel, émotionnel) qui entretiennent entre eux des relations plus ou moins harmonieuses.

En fait, l’équilibre entre ces composantes dépend beaucoup de notre éducation et des exemples que nos neurones-miroir ont eu à suivre.

Trop souvent, on nous a enseigné à mettre les besoins des autres (des adultes qui nous éduquent notamment) avant les nôtres (c’est particulièrement vrai pour les femmes). En premier lieu, nos besoins émotionnels, très mal gérés dans l’éducation classique. Mais aussi ceux du corps, du mental, et du spirituel. Les dogmes imposés par l’éducation (ce que le Dr Ruiz, des 4 Accords Toltèques, appelle “la domestication“) viennent en général écraser nos besoins et aspirations réelles.

A tel point que nous avons, une fois adulte, bien du mal à reconnaître nos propres besoins (lire cet article à ce sujet). Ainsi, on peut passer toute une vie à ne pas s’écouter. Ou à se sentir en faute dès qu’on ose le faire, ou dès que l’on ose se donner à soi-même la priorité.

Or, ne pas savoir s’écouter pose problème. A plusieurs niveaux.

La relation au corps

En ne s’écoutant pas, on rate les signaux de son corps lorsqu’il ne va pas bien. On ne l’écoute que lorsque c’est grave. Et cela peut être trop tard. Avant d’en arriver là, ne pas écouter son corps peut faire que l’on n’en prenne pas soin et qu’on ne tire pas partie de tout ce qu’il nous offre (quelle merveilleuse machine pourtant!!).

Pour donner un exemple concret, parlons sexe. Il est très commun parmi les femmes (peut-être surtout occidentales) de ne pas savoir écouter son désir sexuel, d’en avoir honte, de le réprimer. Cela est une garantie de non-plaisir sexuel. On parle de femmes “frigides”, mais ne sont-elles pas tout simplement dans l’incapacité de s’écouter et de faire une place à leur corps et à leur sexe?

La relation aux émotions

La majorité d’entre nous n’a pas eu la chance d’avoir des parents en capacité d’accueillir la force de leurs émotions d’enfant. L’adulte n’ayant lui-même pas été accueilli petit, est gêné par la force brute de l’émotion enfantine. Non-filtrée, non-contenue, elle effraye. Parce qu’elle fait remonter en soi la même force niée il y a si longtemps face aux adultes apeurés qui nous éduquaient. Etc., etc.

émotions
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L’éducation positive qui est tendance et fait beaucoup jaser en ce moment, a ceci d’intéressant qu’elle laisse leur place aux émotions des petits. En invitant les grands qui les éduquent à accueillir enfin leurs émotions refoulées.

Pourquoi est-ce important de les accueillir? Pour trois raisons essentielles:

  • La première: parce que les émotions nous transmettent un message sur ce que l’on est en train de faire. La joie est notre carburant, elle nous encourage; la peur nous sert de frein, c’est une invitation à mieux se préparer; la colère nous permet de défendre nos limites; le dégoût nous protège; et la tristesse nous permet de tourner une page. Si nous sommes prêts à accueillir nos émotions, nous pouvons entendre leur message et avancer en se respectant soi. Elles sont là pour assurer une bonne relation à soi.
  • La seconde: parce que si on les écoute, les émotions n’ont pas besoin de revenir à l’assaut de plus en plus fort. Elles ne deviennent pas une “réaction émotionnelle”: vous savez, ces réactions disproportionnées par rapport à l’élément déclencheur. Celles dont on a honte après, qu’on ne comprend pas bien. Ce sont en fait de vieilles émotions qui reviennent à la charge à chaque situation similaire à celle qui les a vu apparaître.
  • La troisième: parce que les émotions sont énergie. Refouler cette énergie ne lui permet pas de circuler et de se transformer. Et c’est le corps qui paye le prix, plus tard.

Bien sûr, personne n’est en mesure d’éviter complètement l’apparition de réactions émotionnelles, ou d’écouter toujours ses propres émotions ou celles de ses enfants. Nous sommes humains, et notre imperfection est parfaite. Mais connaître ces éléments nous permet d’avancer, petit à petit, vers plus d’acceptation de ce qui est, au lieu de le fuir.

C’est d’autant plus important que nous sommes tous destinés à mourir, et que cela est une occupation complètement solitaire. Mieux vaut être en bons termes avec soi-même à l’heure de partir. Mourir est déjà le plus grand deuil de l’existence; si en plus, on se déteste et on se juge, le départ ne sera pas facilité…

La relation aux autres

Lorsque l’on ne sait pas écouter ses propres besoins, on les extériorise. Car ils sont là, ils existent, et ils trouvent une manière de s’exprimer. On va donc avoir tendance à exiger de l’autre (souvent inconsciemment) qu’il assouvisse ces besoins non identifiés.

Par exemple, je vais attendre de mon partenaire de vie qu’il m’apporte l’amour que je ne sais pas me donner. Qu’il m’accepte tel(le) que je suis, parce que je ne sais pas le faire moi-même. Qu’il me fasse sentir quelqu’un de bien parce qu’en moi, je me dévalorise. Qu’il m’apporte les soins et la tendresse que je n’ose pas m’offrir.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas espérer recevoir de l’amour inconditionnel, de la valorisation ou de la tendresse dans son couple, attention! Je dis que ce ne peut être une exigence unilatérale basée sur un manque.

Chacun est responsable de s’aimer soi-même, de prendre soin de ses propres besoins. Lorsqu’on en est là, on peut donner à l’autre. Et lorsqu’on peut donner à l’autre, on peut recevoir de l’autre.

Il est donc ESSENTIEL de travailler sa relation à soi si l’on veut pouvoir avoir une belle relation avec les autres.

relation harmonieuse
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Qu’est-ce qu’une relation à l’autre équilibrée alors?

Il existe autant de relations à l’autre que d’autres. En voici quelques-uns, des plus évidents:

  • son partenaire de vie
  • sa belle-famille
  • ses enfants
  • ses amis
  • ses collègues
  • ses voisins
  • les étrangers
  • et tous les autres inconnus!

Je suis sûre qu’en lisant cette liste, il vous est venu à l’esprit tout un tas de types de relations bien différents! Chacun pourrait faire l’objet d’un article d’ailleurs (en voici déjà un sur la belle-famille). Mais ce n’est pas là que je veux en venir aujourd’hui.

Aujourd’hui, ce qui m’intéresse, c’est de faire réfléchir à ce qu’est une relation équilibrée.

Imaginez…

Imaginez que nous soyons tous des adultes capables de prendre soin de nos besoins, sans exigence envers l’autre.

Nous entretenons tous une belle relation avec notre corps : nous mangeons selon notre faim, buvons selon notre soif, faisons du sport selon notre énergie, et l’amour en respectant notre désir et celui de l’autre.

Nous entretenons également de bonnes relations avec nos émotions: nous ne les fuyons plus, et nous les reconnaissons pour ce qu’elles sont même lorsqu’elles se déguisent (oui, car souvent, la colère est une autre émotion déguisée). Nous prenons le temps de les écouter pour leur permettre de passer leur chemin. Lorsque nous avons une réaction émotionnelle forte, nous sommes capables de nous arrêter et de nous interroger sur ce qui l’a provoquée, pour accueillir la vieille émotion transformée.

Nous connaissons notre mental et savons qu’il se base toujours sur le passé pour vivre le présent et projeter le futur. Nous savons utiliser cela pour tirer profit de notre expérience, sans pour autant s’enfermer dans des schémas pré-établis.

Résultat: nous nous acceptons assez pour pouvoir accepter l’autre. En connaissant notre propre fonctionnement, nous pouvons voir et accepter celui des personnes que nous côtoyons. Nous n’avons plus besoin de projeter sur elles, ni d’accepter qu’elles projettent sur nous.

Alors survient la phase suprême: nous sommes en mesure de ressentir le fameux “amour inconditionnel”. Celui qui embrasse l’humanité entière. Qui nous fait nous sentir pleins de force et de joie.

Rassurez-vous, ces moments d’amour intense ne durent jamais très longtemps, à moins que vous ne soyez proches de l’état du Bouddha. Mais ils sont tellement puissants que cela vaut le coup d’y travailler.

relation sereine
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Relation au monde naturel

relation
http://luniversestennous.com/

Tout est dit.

Pour moi, ce texte est une invitation à “prendre soin de”. Si j’arrive à me rappeler plusieurs fois par jour que je suis en permanence en relation avec l’autre et avec la nature, alors, j’ai envie de “prendre soin de”:

  • moi, pour avoir du beau à offrir.
  • l’autre, pour qu’il jouisse de la vie avec moi.
  • la nature, pour jouir de sa générosité et m’en sentir partie prenante.

Y a-t-il plus belle mission de vie que de “prendre soin de” pour jouir ensemble de l’existence et de sa générosité???

Relation à Dieu (pour les croyants)

Pour ceux d’entre vous qui sont croyants, vous devez savoir que le mot “religion” vient du mot latin “religare”, qui signifie “relier”. Car la religion, au sens premier, est une relation à Dieu. Chaque institution religieuse a ses propres rites et dogmes destinés à favoriser cette relation. Je n’en ferai pas état ici.

Ce que je voudrais souligner, c’est que lorsqu’on est croyant, on a une relation de plus dans sa vie. Celle que l’on entretient avec Dieu, à tout moment. Ce n’est pas n’importe quelle relation! C’est par excellence, la relation du “prendre soin de”.

Par exemple, toutes les religions partagent une règle d’or commune: “ne fais pas à l’autre ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse”. Il s’agit bien là d’une invitation à “prendre soin de”. Nous sommes invités à prendre conscience de ce qui nous déplaît (prendre soin de soi) afin de ne pas le faire subir à d’autres (prendre soin de l’autre).

Par ailleurs, toutes les religions invitent leurs adeptes à prier le plus souvent possible. Pourquoi? Pour ressentir Dieu, et pour que cette relation soit vivante. Pour prendre soin de cette relation donc. Et parce que les bénédictions et les prières sont autant d’occasions de “prendre soin de”.

En conclusion

Simplement ceci: osons la vie, osons la joie, osons “prendre soin de”! C’est urgent, la planète et nos enfants nous attendent au tournant!


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