Le grand retour : chroniques nicaraguayennes


La mixité en société / vendredi, mai 8th, 2020
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Après de longs mois de silence radio, me voici de retour. Je vous raconte ce qui s’est passé pendant ce laps de temps, depuis le Nicaragua jusqu’à la France. (Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je vous invite à lire mon parcours ici.)

Il est des temps dans la vie d’un humain qui marquent la fin d’un cycle et le début d’un autre. 2019 aura marqué pour nous la fin de notre vie au Nicaragua et un retour en France. Cela ne s’est pas passé sans déchirures.

Chroniques de ce changement de vie, riche d’enseignements et d’évènements.

Nicaragua : un très bref aperçu

Le Nicaragua est le pays d’accueil de mon mari, guatémaltèque d’origine. Ses parents, son frère et lui sont arrivés au Nicaragua en tant que réfugiés de la dictature guatémaltèque en 1980.

Carte du Nicaragua

Commençons par situer le Nicaragua dans le monde, car ce petit pays d’Amérique Centrale est souvent mal connu.

Situé entre le Honduras au nord et le Costa Rica au sud, le Nicaragua est un peu le “petit village d’irréductibles gaulois” de l’Amérique Centrale: il résiste encore et toujours à l’envahisseur, américain dans ce cas.

Pour résumer en ultra bref, disons que depuis le début du 20e siècle, le Nicaragua s’est rebellé à plusieurs reprises contre la présence et l’influence de leur immense voisin sur ses terres. Cela a donné des prises d’armes, dont la plus récente est la révolution sandiniste de 1979.

Faute suprême aux yeux des Etats-Unis, le Nicaragua a eu par deux fois des gouvernements de gauche de longue durée: de 1979 à 1990; puis de 2006 à nos jours. A la tête de ces gouvernements, un éminent personnage de la révolution: Daniel Ortega.

Depuis les années 90, le Nicaragua jouissait d’un statut spécial au sein des pays d’Amérique Centrale. C’était le pays le plus sûr de la zone. En 10 ans, je ne m’y suis jamais sentie menacée ni en insécurité. Je vivais à Managua, la capitale, comme j’avais vécu à Paris autrefois: en gardant l’œil ouvert, rien de plus.

Mais ce sentiment très confortable a pris fin en avril 2018.

Nicaragua: la crise de 2018

En avril 2018, le pays connaît des manifestations. Une réforme des retraites a été passée par décret. Les retraités toucheront moins mais auront une meilleure couverture médicale. Ils ne sont pas d’accord et descendent dans la rue. Une petite vieille est frappée par un policier. Les jeunes sont outrés et descendent dans la rue avec leurs grands-parents pour protester contre cette réforme.

Une de ces manifestations a lieu à Managua, la capitale. Les manifestants ne respectent pas le trajet déposé à la Préfecture et vont plus loin que prévu sur la carte. Un policier qui encadre prend peur et tire. Mais il tire à balle réelle et tue un jeune étudiant. Le pays s’enflamme. Les policiers s’enflamment.

Pour gérer ce début de crise, le gouvernement choisit la force. L’armée ne sort pas mais les policiers sont lâchés, sans frein aucun. Les écoles ferment, on ne peut plus circuler, c’est notre premier confinement.

Après une semaine de conflit dans la rue, le gouvernement choisit en plus d’augmenter les prix des carburants. Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux dernières poudres… Les chauffeurs de taxi et de bus s’en mêlent, annoncent leur soutien aux étudiants et ont l’idée de soulever les pavés des rues pour faire des barricades tout autour des ronds-points. Aucun trafic ne sera plus possible pendant des mois.

La crise, concentrée dans Managua, s’étend à d’autres villes du pays. Mais elle n’atteint pas la campagne. A la campagne, à part quelques bastions historiques de l’opposition, les gens sont farouchement pour le FSLN et se déclarent prêts à prendre les armes s’il le faut.

Toutes les vieilles plaies suppurantes de la Révolution de 1979 se rouvrent, le pus s’étale. L’ombre de la guerre civile rôde. La violence explose.

J’observe. J’ai mal. Je ne comprends rien.

Déchirements

Il faut vous imaginer un pays en proie aux violences policières extrêmes, laissant ressortir toutes ses vieilles rancœurs, assouvissant des vengeances vieilles de 30 ou 40 ans. Des exactions atroces sont commises. Tortures, assassinats, mise à feu d’une maison avec tous ses habitants… L’horreur.

Lors de cette crise, je n’ai pas souffert comme d’autres de la perte de l’un des miens, de sa disparition inexpliquée, d’emprisonnement, de tortures, d’enlèvement, d’agression par les policiers, de délation, de menaces, de viol ou de vol à main armée dans la rue ou chez moi (toutes choses pratiquement inexistantes en temps normal au Nicaragua, mais qui ont explosé pendant cette crise).

Non. Moi, j’ai souffert de déchirure affective et intellectuelle. Car j’étais au milieu. D’un côté mes amis, plutôt contre le gouvernement et sa vague répressive. Et de l’autre, ma belle-famille et leur attachement sans faille au Parti, même lorsque celui-ci commettait l’impensable.

Déchirement que de voir des gens brillants justifier une violence gouvernementale inadmissible, s’aveugler par fidélité affective à ceux qui sont censés incarner l’idéal auquel ils ont consacré leurs vies.

Déchirement que de devoir s’éloigner de ces gens pour ne pas créer d’autres conflits, pour ne pas briser une famille.

Déchirement que de voir un parti trahir si complètement l’idéal humaniste qu’il est censé incarner.

Déchirement que de voir mes amis réfléchir à ce qu’ils vont me confier parce que ma belle-famille est de l’autre camp.

Déchirement que de voir mes collègues nicas surveiller ce qu’ils disent pour ne pas se mettre en danger.

Déchirement que d’entendre les histoires horribles qui se passent dans leurs quartiers modestes.

Déchirement de voir le mensonge et la manipulation médiatique permanente. On en arrive à un point où la même exaction est utilisée par les deux camps pour s’accuser l’un l’autre de l’avoir commise. Où tout ce qui est reproché au gouvernement est taxé de mensonge éhonté, comme si gommer la réalité par un mensonge la faisait disparaître. Et le pire, c’est que ça marche pour les partisans…

Déchirement que de ne pas être capable, moi, petite-fille de résistant, de prendre une position engagée. De me sentir paralysée intellectuellement face à la manipulation et affectivement face aux réactions extrêmes.

Déchirement que de voir mon pays d’accueil en proie à cette vague de violence, de haine et de rancœurs.

Déchirement que de ne pas pouvoir parler sereinement de la situation avec mon mari.

De la crise peut naître l’opportunité

Quelques leçons apprises

Comme le dit si bien Eckart Tolle, il n’y a pas d’ordre sans chaos. Si la crise ne survenait jamais, nous n’aurions pas l’occasion de nous remettre en cause. Evidemment, toute crise ne se termine pas forcément bien, mais on peut parfois la transformer en un chemin de croissance.

J’ai eu cette chance. Parce que dans mon quartier, il n’y avait pas de danger. Parce que je pouvais faire du télétravail et rester à l’abri. Parce que j’en avais besoin: cœur en compote, cerveau en quête de sens, besoin d’harmonie au milieu de tous ces conflits.

C’est comme ça qu’est né ce blog. Je suis tombée sur Olivier Roland et sa formation Bloggeurs Pros en juin 2018. J’ai senti l’appel. Je me suis inscrite, et je me suis lancée. Je veux y partager avec vous ce en quoi je crois: que les couples mixtes sont un chemin exceptionnel de croissance personnelle. Mais faire cela en pleine crise politique n’a pas été aisé.

Première leçon:

Sur le moment, je me suis demandé si c’était bien moral de me lancer dans le blogging alors qu’il y avait tant de souffrances autour de moi et que je ne faisais rien pour les soulager. Et puis j’ai appris la première leçon de cet épisode douloureux: la culpabilité ne résout rien. En quoi me morfondre et me juger allait régler les problèmes politiques du pays? Puisque j’étais impuissante à l’extérieur, autant agir à l’intérieur et créer du beau pour contrebalancer la laideur environnante.

Deuxième leçon: l’humilité.

Il me fallait accepter trois faits: j’étais impuissante à changer des évènements de cette ampleur. Ensuite, j’étais incapable de m’engager face à une situation dangereuse et trouble. Enfin, j’étais incapable d’analyser avec certitude la situation. Trois claques dans mon ego habitué à comprendre rapidement, à prendre des positions engagées et à agir.

Troisième leçon: qu’il est difficile de ne pas juger!

L’un des principes spirituels auxquels je tiens est le fait d’émettre le moins possible de pensées négatives, donc pas de jugements non plus. Eh bien, le conflit est un catalyseur de jugements en tous genres ! J’ai découvert mes limites en la matière, et je compte sur des sages comme Eckart Tolle pour continuer d’avancer sur cette voie.

Quatrième leçon: un couple peut survivre à une crise politique alors qu’il ne partage pas la même opinion.

Ce fut une belle école pour pratiquer la recherche de consensus et le lâcher prise. Notre conjoint et ses pensées ne nous appartiennent pas, nous n’avons pas à les changer. Encore un principe testé à son maximum en période de crise… Pour ceux qui voudraient prendre un peu de recul sur la politique et les couples mixtes, voici un article que j’ai écrit pendant la crise.

Cinquième leçon: les réseaux sociaux.

J’ai découvert à l’occasion de ce conflit nourri essentiellement par les médias et réseaux sociaux qu’il existe des professionnels de la manipulation de l’information sur ces réseaux. Et j’ai vu combien ils sont efficaces… J’avoue que depuis, je trouve bien difficile de discerner le vrai du faux sur le Net. Et j’invite tout le monde à la plus grande vigilance.

Suites de la crise au Nicaragua: nouveau départ et pause du blog

D’une situation peu enviable…

A partir de fin juillet 2018, la crise au Nicaragua a été étouffée peu à peu, le contrôle par la force faisant son office. L’ambiance est au deuil, à la peur (voire la terreur pour certains), au ressentiment, au blâme. En septembre 2018, les cours reprennent presque normalement. Maîtresse de maternelle à l’époque, je reprends le chemin de l’école.

Nouvelle direction, incompatibilité d’approches, souffrance généralisée dans l’équipe. A peine sortis d’un épisode traumatisant pour nous qui vivons dans ce pays depuis de longues années, nous voici agressés dans notre lieu de travail. Mais cela aussi présente un point positif: les injustices quotidiennes de la direction servent au moins à resouder une équipe quelque peu dissolue.

Cependant, je sens que je me vide de mon énergie. Je n’arrive plus à ressentir la faim, je perds 6kg (pourtant, je n’en avais pas en trop). Je suis fatiguée, à bout. Il paraît que je fais peur à voir. Je ne tiens que par l’énergie du stress et des enfants. Heureusement qu’en classe ça se passe plutôt bien.

Résultat, je n’arrive plus à mener de front travail et blog. Je n’écris plus qu’un ou deux articles pendant cette période, relancée par mon amie de blog (merci Françoise, d’animal mon compagnon!).

Mon mari ne travaille plus. Le tourisme, sa branche professionnelle, est fermé. Sa boîte ne tourne plus. Je suis la seule à avoir des revenus. Nous partons vivre chez mes beaux-parents, alors qu’il y a quelques semaines encore, j’évitais de leur parler afin de ne pas provoquer de grave prise de bec en évoquant le gouvernement… Le blâme et le jugement doivent faire une place à la gratitude pour l’aide apportée. Encore une leçon d’humilité.

…à un nouveau rebond.

Cette situation aurait pu être catastrophique. Ceux d’entre vous qui ont vécu près de leurs beaux-parents savent combien la cohabitation comporte de pièges. Mais nous avons réussi à les déjouer. Pas de super-pouvoirs là-dessous, simplement la force d’un nouveau projet. Et la perspective d’une prochaine séparation qui nous a tous aidés à patienter, à profiter des bons moments et à passer sur les mauvais.

En effet, avec Federico, nous avons décidé de rentrer en France. Le Nicaragua nous pousse dehors et fait tout pour nous montrer que notre cycle ici est fini: crise politique, perte d’emploi, harcèlement, perte de maison… Le message est clair non?

Nous décidons donc de construire à partir de ce que l’on est. Mon mari veut monter son centre de recherche et de formation à la méthode de culture biointensive (sa passion) en France. Et moi je veux monter une entreprise et reprendre mon blog pour de vrai.

Notre entourage au Nicaragua comme en France nous prend pour des fous inconscients. Repartir sans boulot avec 3 enfants? Mais nous sentons que c’est ça que nous devons faire alors nous fonçons.

La crise permet aux parents de Federico d’accepter notre décision bien qu’elle leur cause une peine incommensurable. Ils perdent ainsi leurs derniers fils et petits-enfants encore présent dans le pays. Exilés depuis 40 ans, ils se retrouvent coupés de leurs liens affectifs les plus forts. Et ce après 9 mois de cohabitation… Leur courage à l’aéroport est admirable. Leur capacité de résilience également.

Fin de la pause, reprise du blog.

En juin 2019, nous voilà revenus en France. C’est mon pays de naissance, le deuxième pays de cœur de Federico et le “pays vacances” des enfants. A leur arrivée, les enfants pensent que la France, c’est le pays du saucisson et du soleil sans fin (ils ne la connaissent qu’en été).

Pour faciliter la transition, le deuil de ce et ceux que l’on laisse, et pour avoir pour la première fois depuis 9 mois un peu d’intimité, nous organisons un voyage de 2 mois en camping-car. Objectif: rencontrer les “bio-intensivistes” d’Espagne, ceux qui cultivent en suivant la même méthode que Federico.

Envie d’être à cinq, de créer des liens, de rencontrer du monde, de parler encore un peu espagnol. Volonté aussi de trouver l’endroit où nous nous sentirons bien pour poser nos valises. Nous en profitons pour voir la famille et les amis sur l’itinéraire. Un superbe voyage, qui vous sera raconté sur le blog de mon mari.

Fin du voyage mi-octobre. Nos cœurs sont unanimes: nous vivrons dans le Tarn. Nous posons notre camping-car chez des gens merveilleux, qui nous ouvrent un réseau de belles personnes. Le choix est bon, nos cœurs avaient raison.

Ensuite, c’est le parcours administratif qui commence: nous sommes des OVNIs, il nous faut nous faire connaître. On relance la machine administrative et on trouve une maison. Plein de belles rencontres là encore. On se sent chez nous, accueillis, bienvenus. Le cycle français commence, nous sommes au bon endroit.

Les mois ont passé vite, les enfants se sentent bien dans leur nouvelle école. Nous avons plein de beaux projets en cours. Je trouve un petit CDD en janvier qui me rassure. Puis survient notre second confinement en deux ans. Et c’est la relance du blog. C’est parti pour de nouvelles aventures, j’espère que vous m’accompagnerez!

En conclusion

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. L’ordre et le chaos se succèdent, se côtoient. Crise politique, guerre, épidémie, catastrophe écologique ou nucléaire… Tout arrive et tout peut arriver.

Nous n’avons pas le choix de vivre ou non ces évènements extérieurs. Mais nous sommes libres de notre réaction face à eux. Ou du moins en théorie. Car cette liberté, pour être atteinte, se travaille, se cultive. Il n’est pas aisé d’éviter les pensées négatives, d’accepter ce qui est, de lâcher prise, laisser partir la colère, renoncer au blâme, être dans la gratitude.

Combien d’entre nous ont été élevés par des parents déjà avancés dans ces pratiques? Et combien d’entre nous en entendent parler autour d’eux? Notre société est plutôt tenue par la peur, excellent outil pour maintenir les masses soumises. Je le sais, je m’y suis soumise lors de cette crise.

Mais la vie est une quête, une progression, un chemin parcouru de tremplins pour grandir et atteindre un stade un peu plus élevé de conscience. Ce chemin vers soi est une quête passionnante et il ouvre sur les autres. En tout cas, c’est comme ça que je le ressens et que j’essaye de le vivre. Il n’est pas garanti que j’y arrive, mais je pourrai mourir tranquille d’avoir essayé.

Merci d’avoir lu cet article! N’oubliez pas de partager vos réactions dans les commentaires. Dites-nous par exemple comment la crise du Coronavirus vous a affectés.

Prenez soin de vous!


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12 réponses à « Le grand retour : chroniques nicaraguayennes »

  1. Quel bonheur de retrouver tes articles ! Merci de partager toutes ces expériences que tu as vécues ces dernières années,. J’espère que le lieu où vous êtes installés vous permettra de développer de belles racines.

  2. Très bel article ! Merci pour ce récit poignant mêlant descriptions factuelles et émotions personnelles. Malheureusement l’Amérique centrale est dans son ensemble (Costa-Rica exclu) une partie du monde encore instable… La violence est une gangrène mais espérons que le temps fasse son oeuvre ! De nombreux pays d’Amérique du Sud aussi sont passés (ou passent encore) par là. Croisons les doigts car les gens de ces pays déchirés sont souvent de belles personnes. Merci pour ton article.

  3. Merci pour cet article, ça me rappelle tellement de souvenirs! C est chouette que tu te remettes à ton blog. Bisous à tous .. dans l espoir de vous revoir bientôt…

  4. Bel article et problématique ô combien sensible que celle de parvenir à pratiquer le lâcher-prise tout en menant des projets et en défendant des convictions. Pour nous, le covid-19 nous y confronte également : préparer un départ pour vivre en famille au Costa Rica cet été sans savoir si, au dernier moment, tout ne devra pas être annulé.
    Nous avons juste le pouvoir de lancer les dés et de les regarder rouler, le résultat final ne nous appartient pas. Mais il serait si dommage de les garder en main le poing serré.

  5. Article très intéressant, très structuré qui montre qu’il faut être prudent avant d’exprimer l’une ou l’autre certitude car tout dépend de l’endroit où l’on se place, de son histoire culturelle et familiale et de beaucoup de désinformation, hélas.
    Devenir homme, c’est peut-être apprendre à se tenir sur un pied pendant que l’autre cherche son point d’appui ?
    Grande richesse de réflexion. Merci, Anaïs
    Isabelle

  6. Ton article complète ta newsletter d’il y a quelques temps. Merci de nous partager tout cela avec ta jolie plume.
    Il y a un beau chemin à faire entre le lâcher prise, l’humilité et la confiance… 💜💚💛🧡

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